Glyphosate 360 portugal : impact des nouvelles règles européennes en 2026

Le glyphosate 360, formulation herbicide parmi les plus utilisées sur le territoire portugais, reste autorisé dans l’Union européenne jusqu’en décembre 2033. Cette prolongation décennale, actée en 2023, ne signifie pas un statu quo réglementaire pour les agriculteurs au Portugal. Plusieurs mécanismes européens et nationaux modifient concrètement les conditions d’achat, de formation et d’application de ce produit dès 2026.

Vérification DGAV : le filtre portugais sur le glyphosate 360

Avant tout achat de glyphosate 360 au Portugal, y compris dans un cadre transfrontalier, la base de données de la DGAV (Direção-Geral de Alimentação e Veterinária) fait office de registre officiel. Un produit phytopharmaceutique ne peut être commercialisé sur le territoire portugais que s’il y figure avec une autorisation de mise sur le marché valide.

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Cette contrainte a des conséquences directes. Un agriculteur français ou espagnol qui souhaite se procurer du glyphosate 360 au Portugal doit vérifier que la formulation précise qu’il cible dispose bien d’un enregistrement DGAV en cours. La libre circulation du glyphosate 360 est conditionnée par cette vérification préalable, ce qui limite dans les faits les achats transfrontaliers spontanés.

Les formulateurs qui commercialisent du glyphosate 360 doivent également s’assurer que leurs produits respectent les spécifications techniques validées par l’autorité portugaise. Un changement de co-formulant ou de concentration peut invalider l’autorisation existante.

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Règlement Omnibus et durée d’approbation du glyphosate en Europe

Le compromis négocié dans le cadre du règlement dit « Omnibus 10 », soumis au vote du Conseil de l’UE en juin 2025, prévoit une extension significative des durées d’approbation des substances actives. Pour le glyphosate et l’acétamipride, ce texte ouvre la voie à dix années supplémentaires sans nouvelle évaluation complète.

Agronome analysant la réglementation européenne 2026 sur le glyphosate 360 dans un bureau coopératif agricole au Portugal

Les durées d’approbation passeraient de 10 à 15 ans pour une première autorisation, et de 15 à 25 ans pour un renouvellement. Le tableau ci-dessous résume les écarts entre le régime actuel et le régime proposé.

Paramètre Régime actuel Régime proposé (Omnibus 10)
Première approbation 10 ans 15 ans
Renouvellement 15 ans 25 ans
Glyphosate (autorisation en cours) Jusqu’en décembre 2033 Potentiellement prolongée sans réévaluation complète
Acétamipride Jusqu’en 2033 Même mécanisme d’extension

Pour le Portugal, cette évolution signifie que les agriculteurs utilisant du glyphosate 360 pourraient ne pas être soumis à un réexamen de la substance avant la décennie 2040, si le texte Omnibus est adopté en l’état. L’association Générations Futures a qualifié ce compromis de « cadeaux à l’industrie chimique » et demande un rejet du texte.

Certificats d’applicateurs au Portugal : validité étendue à 15 ans

Un décret portugais publié en juin 2026 a modifié la durée de validité des habilitations des applicateurs de produits phytopharmaceutiques. La validité des certificats passe de 10 à 15 ans, réduisant la fréquence obligatoire de recyclage des formations.

Cette mesure nationale produit un effet paradoxal. D’un côté, les institutions européennes renforcent les conditions d’emploi du glyphosate (protection des eaux, équipements de protection individuelle, zones tampon). De l’autre, le Portugal allonge l’intervalle entre deux mises à jour de formation pour les applicateurs.

En pratique, un applicateur certifié en 2026 pourrait ne pas être formé aux nouvelles exigences européennes avant 2041. Les bonnes pratiques liées aux évolutions réglementaires sur le glyphosate risquent donc de se diffuser plus lentement sur le terrain portugais que dans des États membres imposant des recyclages plus fréquents.

  • La formation initiale reste obligatoire pour obtenir le certificat d’applicateur au Portugal
  • Le renouvellement de la formation, auparavant exigé tous les 10 ans, ne sera requis que tous les 15 ans
  • Les nouvelles contraintes européennes sur les zones tampon et les EPI ne sont pas automatiquement intégrées dans le programme de formation existant

Application par drone du glyphosate au Portugal : interdiction de principe

L’épandage aérien de pesticides est interdit dans l’Union européenne, conformément à la directive sur l’utilisation durable des pesticides. Cette interdiction couvre les drones agricoles. Les agriculteurs portugais ne peuvent pas utiliser de drones pour appliquer du glyphosate 360, sauf autorisation exceptionnelle délivrée au cas par cas.

Buse de pulvérisateur agricole posée sur un piquet de vigne au Portugal, symbole des restrictions sur l'utilisation du glyphosate 360 en 2026

Cette restriction limite les options de réduction des doses et de maîtrise des dérives. Dans d’autres régions du monde, l’application par drone permet un ciblage plus précis et une diminution des quantités pulvérisées. Au Portugal, les exploitations viticoles en terrasses ou les oliveraies en pente, où l’accès par tracteur reste difficile, ne bénéficient pas de cette technologie.

Le régime dérogatoire existe, mais il suppose une demande formelle auprès des autorités compétentes, avec justification technique de l’impossibilité d’utiliser un autre mode d’application. Les autorisations exceptionnelles restent rares dans la pratique.

Recours juridiques européens contre l’autorisation du glyphosate

Le 18 mars 2026, le Tribunal de l’Union européenne a examiné le recours formé par plusieurs associations (Agir pour l’environnement, Collectif des maires anti-pesticides, CRIIGEN), représentées par Maître Corinne Lepage, contre le refus de la Commission européenne de réexaminer la prolongation du glyphosate.

La demande de réexamen interne avait été déposée le 22 décembre 2023. La Commission l’a rejetée le 26 juin 2024. Les requérants invoquent plusieurs moyens :

  • Des méthodes d’évaluation qui ne respecteraient pas la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne
  • L’utilisation de données ayant servi à valider certaines formulations contestées
  • Une évaluation scientifique jugée défaillante sur les effets à long terme

L’issue de ce recours pourrait modifier le cadre réglementaire applicable au glyphosate 360 au Portugal et dans l’ensemble des États membres. Si le Tribunal annulait la décision de refus, la Commission serait contrainte de rouvrir le dossier, avec des conséquences potentielles sur l’autorisation valable jusqu’en 2033.

Le cadre réglementaire du glyphosate 360 au Portugal se trouve donc à l’intersection de trois dynamiques : un règlement Omnibus qui allonge les cycles d’approbation, une réglementation nationale qui espace les formations des applicateurs, et des recours juridiques qui pourraient raccourcir la durée d’autorisation bien avant son échéance officielle. Pour les exploitants portugais, la seule constante reste la consultation régulière de la base DGAV avant toute décision d’achat ou de renouvellement de stock.

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